Idées reçues : petite histoire de l’architecture d’intérieur

En 1981, la création de l’Office Professionnel de Qualification des Architectes d’Intérieur (OPQAI), à l’initiative du CNOA, marque pour la première fois une reconnaissance officielle de la profession.

Avec ce nouveau statut la profession va évoluer et obtient son indépendance avec la création du Conseil Français des Architectes d’Intérieur (CFAI) en 2001.

Il reconnaît la profession en délimitant les domaines de compétence, en accordant aux architectes d’intérieur un statut à part entière.

Cependant, le métier reste méconnu et l’architecte d’intérieur est trop souvent considéré comme un simple agenceur ou décorateur.

A travers 5 idées reçues, on vous propose ici une vision plus réaliste du métier.

 

1ère idée reçue : L’espace privé existe depuis la naissance de l’architecture

Si l’architecture trouve son origine dès l’âge de pierre, l’organisation des espaces intérieurs est très récente.

Jusqu’au XVIIe siècle, pour des raisons thermiques, tous les membres de la maison travaillent, mangent et dorment bien souvent dans la même pièce.

La notion d’espace privé va émerger à mesure que la société s’enrichit : les révolutions industrielles et autres révolutions sociales auront un impact fort sur l’organisation de l’espace intérieur. Par exemple la cuisine, autrefois cachée voire délocalisée dans un autre bâtiment, commence à apparaître sur les plans des maisons bourgeoises au XIXe siècle, pour devenir grâce au développement de l’American Way of Life une pièce centrale de la maison, bien souvent intégrée au salon et faisant parfois disparaître la salle à manger.

 

2ème idée reçue : Une sous-discipline de l’architecture

L’architecte DPLG construit, crée des édifices. L’architecte d’intérieur intervient sur du bâti existant et s’occupe de la composition des volumes intérieurs, en tenant compte de l’architecture du projet : volumétrie, colorimétrie, mobilier intégré, travail de la lumière. Il s’attache également à la rénovation, la réhabilitation et aux petites extensions.

Dans les deux cas, il s’agit d’un métier créatif « à la frontière entre le rationnel et le sensible ». Ils sont complémentaires mais restent bien deux disciplines à part entière.

 

3ème idée reçue : Les architectes d’intérieur sont de simples décorateurs

Le métier d’architecte d’intérieur réunit sensibilité plastique et compétences techniques, et c’est cette double approche qui lui permet d’apporter les réponses nécessaires à l’élaboration d’un cadre de vie de qualité.

Bien que son métier ne se résume pas à la décoration, l’architecte d’intérieur est nécessairement décorateur. Mais il va agir en tant qu’expert de l’espace sur l’ensemble du projet en restructurant les volumes.

Il doit penser l’ensemble de l’intérieur avec cohérence : il travaille ainsi sur le cloisonnement, les réseaux d’alimentation en eau et en électricité, la lumière, l’ergonomie des espaces aménagés, l’organisation de la circulation. Il est ainsi maître d’œuvre à part entière, puisqu’il doit coordonner les différents corps de métiers pour mener à son terme l’architecture des lieux.

Ainsi, l’architecte ne se cantonne pas à la réalisation du dessin (une autre idée reçue) : il a une responsabilité importante dans le suivi du chantier jusqu’à la fin des travaux.

 

4ème idée reçue : Des petits travaux inutiles et trop chers

Encore raté ! L’architecte offre une vraie réponse, une adaptation totale aux besoins du client. Il s’agit d’une véritable rencontre humaine qui s’articule autour de la personnalité du client et qui donne lieu à un bien personnalisé et valorisé par un expert du volume.

Il intervient non seulement auprès des particuliers mais il joue aussi un rôle au sein de la vie économique des villes : commerces ultra-diversifiés, espaces culturels, bureaux… et donne alors une impulsion à la zone. Dans le cas de clients professionnels, l’architecte d’intérieur est souvent amené à intervenir sur le concept, le marketing et l’image de marque, et s’inscrit donc dans une démarche complète répondant aux besoins du client.

 

5ème idée reçue : Il faut choisir entre beau et fonctionnel

D’après Flaubert, les architectes oublient toujours l’escalier de la maison.

Sauf que c’est faux, et d’autant plus au XXIème siècle ! Lorsque l’architecte conçoit l’espace intérieur, il pense justement beau ET fonctionnel : faire une belle architecture c’est prendre une fonction et l’embellir, car « du beau qui n’est pas fonctionnel, c’est une tricherie ».

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